Sa Majesté Minus – une fable saiyane

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Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Message par Admin le Lun 13 Avr - 19:08

je vous invite à découvrir ici ma première
fanfic écrite. Un one shot humoristique.
Cette histoire a été écrite d'une traite au
moment de la publication de "Dragon Ball
Minus", inspirée par les diverses réactions que
ce nouveau chapitre de Toriyama avait
suscitées.
Comme j'étais parti sur un "délire", je pensais
la garder pour moi mais en retombant dessus
je me suis dis que ce serait sympa de la
retravailler un peu et de la partager.
Bonne lecture !
Sa Majesté Minus – une fable
saiyane
« M ajesté, nous avons un problème ! »
Les rois n'aiment pas être dérangés. C'est
comme ça. Mais pour le jeune roi Vegeta,
c'était différent. C'est un Saiyan et, à cette
époque, les Saiyans s’ennuyaient beaucoup. Il
faut dire que chez eux, les artistes n'existent
pas. Pas de théâtre, pas de livre, pas de
musique et encore moins de musée à visiter...
Quant à la chasse, elle ne procurait réellement
de la satisfaction qu'aux enfants. En effet, les
adultes saiyans étaient tellement rapides qu'ils
surclassaient en vitesse n'importe quel gibier
et tellement puissants qu'ils pouvaient
assommer d'un simple coup de poing les
créatures les plus imposantes. Aucun défi,
aucun challenge. Alors, pour toutes
distractions, les adultes s'adonnaient à la
fornication intensive, ce qui avait pour résultat
un nombre considérable de naissance. Oh, le
mardi il y avait bien le tournoi hebdomadaire
de blagues mais le roi Vegeta les connaissait
désormais toutes par cœur. Et d'ailleurs, il
préférait le rendez-vous du jeudi. C'était ce
soir là où l'on jouait à « Je te tiens par la
barbichette, le premier de nous deux qui rira
se prend une mandale !». A cette occasion, le
souverain y mettait souvent son trône en jeu.
Aucun risque pour lui, il était imbattable. Mais
ça l'excitait un peu.
Pour lors, dans sa petite bâtisse royale, assis
sur un rocher vaguement plat qui lui servait de
trône, il grattait sa barbe fournie en observant
avec lassitude son conseiller à qui il avait
ordonné l'exécution d'une danse afin de
trouver un peu de distraction. Une danse sans
musique, faut aimer. Alors quand Minus est
entré dans la pièce avec une telle panique dans
le regard, le roi Vegeta s'était presque senti
comme sauvé. Il allait peut être enfin se passer
quelque chose !
Minus était un surnom. Frêle et petit, ce
Saiyan avait très tôt été surnommé ainsi, si
bien qu'aujourd'hui tout le monde avait oublié
son véritable nom. Même noyé dans le contre
jour de la porte d'entrée, unique ouverture de
la bâtisse royale, le petit gabarit du Saiyan
était reconnaissable entre tous. Minus posait
de grands yeux sur son roi posté au fond de la
pièce, elle même éclairée par le top de la
technologie saiyane : des objets de cire à
l'intérieur desquelles se trouvaient des mèches
dépassant de leurs extrémités hautes et
allumés chacune d'une flamme. Des bougies,
en somme.
— Je t'écoute, Minus, fit le roi Vegeta.
— Vous vous souvenez nous avoir demandé ce
matin d'écarteler le petit malin qui s'amusait
constamment avec les chiffres, parce que,
selon vos propres termes, un Saiyan instruit ça
fait mauvais genre ?
— Oui. Et ? fit le roi, impatient d'en savoir
plus.
— Et bien, juste avant d'entamer les festivités,
il nous a fait part de ses calculs. Et ils ne nous
sont pas favorables !
— C'est-à-dire ?
— Nous sommes trop nombreux, Majesté !
— De ? demanda le roi avec ce sens de l'à-
propos qui le caractérisait.
— Vous savez, la pénurie de Pétaures...,
enchaîna le petit Saiyan.
Minus savait qu'il touchait là un point sensible
tant son souverain raffolait de la viande de ces
créatures devenues trop rares.
— On raconte qu'au temps de nos ancêtres,
poursuivit Minus, ces bestioles galopaient
partout en ce monde et qu'il suffisait de
tendre la main pour s'en mettre directement
plein le cornet. Or, comme vous le savez bien,
les foyers de Pétaures disparaissent les uns
après les autres. Il faut désormais parcourir de
longues distances et être sacrément chanceux
pour espérer dénicher un ou deux de ces
bestiaux.
— Hélas... reconnut le roi.
— Mais ce qui est encore plus inquiétant,
précisa Minus, c'est que les autres gibiers
semblent également prendre le même chemin.
Vous n'avez pas remarqué comme nos petits
chasseurs mettent de plus en plus temps à
nous rapporter de belles pièces ? Nous nous
reproduisons trop vite alors que le gibier
disparaît. A ce rythme, votre peuple n'aura
bientôt plus rien à manger, Majesté !
Le roi Vegeta se contenta de lever un sourcil
perplexe pour toute réaction alors Minus
rectifia sa dernière phrase.
— A ce rythme, VOUS n'aurez bientôt plus rien
à manger, Majesté !
Le souverain saiyan se leva alors de son
rocher, la mine sérieuse. Il venait de mesurer
pleinement la gravité de la situation. D'autant
plus que lui, comme tous les Saiyans, était
doté d'un appétit insatiable. Le conseiller prit
alors la parole pour la première fois.
— Si je peux me permettre, Majesté, j'aurai
une idée à vous soumettre. Puis-je interrompre
ma danse afin de mieux vous l'exposer ?
Le roi fit un signe approbateur de la tête et le
conseiller cessa de gigoter.
— Et si nous capitalisions nos ressources ?
essaya le conseiller. Mettons nous à l'élevage !
Certaines bêtes seraient destinées à être
mangées tout de suite alors que d'autres
seraient protégées afin de les faire se
reproduire entre elles... pour les manger plus
tard ! Et on pourrait faire de même avec les
légumes et les fruits que nous ferions pousser
dans des parcelles réservées !
Les Saiyans s'observèrent un moment sans rien
dire avant d'éclater de rire tous les trois.
— Des Saiyans agriculteurs ! On aura tout
entendu, lâcha le roi Vegeta, hilare, tout en
s'essuyant une larme du doigt avant de
reprendre un air sérieux. Non, je crois que j'ai
une meilleur idée. Vous vous rappelez des
bouboules des Tsufuls ?
— Hélas, majesté, comment les oublier ?
soupira le conseiller. Mon jeune frère faisait
partie de l'expédition qui les a découvertes. Il
s'est assis dans l'une d'entre elles - ça semblait
confortable – puis, en posant ses pieds sur le
tableau de bord, a malencontreusement appuyé
sur un bouton de commande. La bouboule
s'est alors refermée sur lui juste avant de
décoller pour les étoiles. Nul ne sait où se
trouve mon frère depuis ce temps, poursuivit-
il avant de se perdre dans ses pensées. Nappa,
mon frère, tu me manques...
Une vague d'énergie vint subitement
désintégrer la tête du conseiller dont le reste
du corps s'effondra sur le sol en terre battue
de la bâtisse. Le roi Vegeta referma sa paume
encore fumante.
— Saloperie de sentimental ! cracha le
souverain avant de se retourner vers Minus.
Où en étais-je déjà ?
Minus savait parfaitement que son roi détestait
par dessus tout que ses sujets montrent la
moindre affection entre eux. C'était preuve de
lâcheté ! Voir même... d'un esprit malade et
nauséabond. Le conseiller le savait plus que
tout autre. Ainsi, Minus ne s'émut guère du
sort de ce dernier et préféra aider son
souverain à retrouver le fil de la discussion.
— Les bouboules, Majesté.
— Ah oui. Te souviens-tu de ce que ce vieux
Tsuful à moitié fou nous avait raconté avant de
mourir ?
— Parfaitement, je me suis moi même chargé
de l'achever, affirma Minus. Il nous avait dit
que dans chaque bouboule avait été rentrées
les coordonnées d'une planète habitable,
soutenant par la même occasion qu'il existerait
un nombre infini de mondes parmi les étoiles.
Je dois vous avouer que cette révélation ne
m'avait pas laissé indifférent. Le soir venu, j'ai
dû mettre au moins un quart d'heure avant de
m'endormir. Mais votre idée, Majesté, quelle
est-elle au juste ?
— Envoyons nos enfants dans l'espace !
— Je vous demande pardon...
— Nous sommes trop nombreux, n'est-ce
pas ? poursuivit le roi. Et nous disposons d'un
nombre quasi illimité de bouboules... Alors dès
qu'un bébé naît, on l’envoie parmi les étoiles
et on le laisse se rendre maître de la planète
sur laquelle il atterrit, en exterminant si
besoin la population locale, pour qu'ensuite,
nous, nous puissions profiter des ressources
offertes par ce nouveau monde.
— Mais pourquoi envoyer des nourrissons ?
Nos adultes formés et entraînés offriraient un
rendement infiniment supérieur. Et puis, nous
aimons nous battre ! Pourquoi laissez des
chiards faire le meilleur des boulots à notre
place ?
— Les voyages forment la jeunesse.
— Vous avez réponse à tout, Majesté, reconnut
Minus en s'inclinant. Cependant, que vont en
penser nos femelles ?
— Euh... je ne suis pas sûr d'avoir compris la
question.
— Et bien, je me dis que - peut être hein, ce
n'est qu'une supposition - après avoir porté
nos enfants plusieurs mois dans leur ventre,
avoir connu la douleur et la libération de
l'enfantement, une certaine empathie pourrait
s'établir entre elles et leurs bébés. Alors si on
envoie ces derniers à l'autre bout de la galaxie
pour y faire la guerre, elles pourraient voir ça
d'un mauvais œil et seraient bien capables de
nous faire un coup du genre « No Peace, No
Pussy ».
— « Nos pisses ?? » s'étonna le roi.
— Bah, je sais pas vous, mais moi je n'ai pas
envie de dormir sur la béquille tous les soirs.
— Mmh, tu n'as peut être pas tort.
Le roi Vegeta entra dans une intense réflexion
puis se dirigea vers l'un des murs de la bâtisse.
Derrière, se trouvait un passage fréquenté du
village. Il pensait y trouver à coup sûr ce qu'il
cherchait. Si le mur avait une fenêtre, le
souverain se serait simplement contenté de
l'ouvrir. Mais chez les Saiyans, il n'y a pas
d'artisan non plus. Et donc personne pour
fabriquer des fenêtres et les poser. Alors le roi
Vegeta envoya son poing dans l'immonde
torchis qui constituait le mur de la bâtisse
pour y créer un large trou, avant d'y passer la
tête et ainsi observer ce qu'il se passait à
l'extérieur. Très vite, il trouva une femelle
saiyane accroupie sur un pauvre mâle qu'elle
maintenait couché au sol tout en cherchant à
lui crever les yeux à l'aide de ses pouces.
— Eh, toi, là-bas ! l'apostropha le roi.
La femelle saiyane tourna son regard vers son
souverain sans pour autant lâcher sa prise.
— Combien as-tu d'enfants ? demanda-t-il.
— Je ne sais pas, moi. Quatre... peut-être cinq,
répondit-elle.
— Si à la naissance du prochain, je te l'arrache
pour l'envoyer dans d'autres mondes, sachant
que tu ne le reverrais peut être jamais et qu'il
pourrait bien en mourir... Ça te ferait quoi ?
— Sauf votre respect, Majesté, répondit-elle,
j'en n'aurai absolument rien à foutre !
Le roi Vegeta sortit sa tête du trou pour
s'adresser de nouveau directement à Minus.
— Et ben voilà ! s'esclaffa le roi. Pas de souci
de ce côté là ! Et puis, s'il s'avère qu'elles
décident quand même de nous faire chier, on
les cognera plus fort, voilà tout.
— Vous êtes prodigieux, reconnut Minus.
— C'est pour cela que je suis roi. Allez, je file !
Je ne voudrai pas te déranger plus longtemps.
— Euh... Vous ne me dérangez pas du tout,
Majesté. Après tout, c'est moi qui suis chez
vous.
— Non, on fait un échange. Je prends ta
baraque ! Celle-ci ne me plaît pas du tout. Il y
a un trou dans le mur et un corps sans tête
jonche le sol. Et puis, bon sang, que ce rocher
me fait mal au fion !
Le roi Vegeta sortit de la bâtisse puis fit demi-
tour pour s'adresser une dernière fois à Minus.
— Ah, au fait, ce Saiyan dont on parlait tout à
l'heure, celui qui est doué avec les chiffres...
Tout compte fait, il pourrait bien nous être
utile. T'es gentil, tu me le ramènes.
— Euh... quel morceau ?
B ien des années plus tard...
« Majesté, nous avons un problème ! »
Le roi Vegeta ne remarqua même pas l'arrivée
de Minus, tout occupé qu'il était à éblouir son
prestigieux invité. L'élégant ambassadeur alien
à la peau bleue ne cessait de balader ses
quatre yeux sur les splendides architectures du
grand et majestueux palais du souverain
saiyan. Le roi Vegeta, quant à lui, était
méconnaissable. Ses vêtements riches et
élégants ne manquaient pas de rappeler sa
fulgurante réussite et, propre et parfumé, il se
plaisait à entretenir un petit bouc rasé avec
précision. Un scaouter, petit appareil
électronique placé devant son œil gauche,
semblait l'accompagner en permanence.
— Que votre palais est somptueux ! déclara
l'ambassadeur alien dans un français
impeccable. Je n'avais jamais vu de tels
éléments architecturaux et pourtant je suis
connaisseur. Quel style est-ce ?
— Et bien figurez-vous, expliqua le roi Vegeta,
que c'est du neo-korinthien. Mes hommes et
moi avons envahi leur planète il y a
maintenant un moment et réduit les survivants
en esclavage. Les Korinthiens sont réputés
pour être tous d'exceptionnels architectes. Par
exemple, le dôme en verre turquoise là-bas,
c'est un de leurs enfants qui l'a réalisé tout
seul. Il a cinq ans à peine, le gamin. C'est
remarquable.
Une ravissante musique se fit soudainement
entendre au loin.
— Quelle est cette musique ? demanda l'alien
fasciné. Cette sonorité... C'est un ravissement
pour les oreilles !
Plus loin, les hauts jets d'eau qui s'échappaient
gracieusement des dalles de marbre d'un coin
du palais s’atténuèrent pour laisser entrevoir
deux immenses volets de bronze, délicatement
ornés de parures dorées, qui se mirent à
coulisser pour laisser apparaître, en leur
centre, un groupe de musiciens aliens.
— Ce sont nos Biths. Nous nous sommes
emparés de leur planète l'année dernière.
Planète qui est d'ailleurs habitée exclusivement
de musiciens, précisa le roi Vegeta. Je crois
même qu'ils se nourrissent de musique. Je veux
dire qu'ils bouffent littéralement leur musique.
Enfin, je crois... Nous en tout cas, on ne leur
donne rien à manger. C'est fou, pas vrai ?
Soudain, de gracieuses danseuses à la peau
jaune, d'une autre espèce alien que les
musiciens, apparurent de portes dérobées pour
exécuter un sensuel numéro de danse.
L'ambassadeur était conquis.
— Quelle délicieuse idée d'avoir également
réduit en esclavage le peuple de ces
charmantes créatures, souffla-t-il.
— Ah non, là on n'a rien réduit du tout,
rétorqua le Saiyan. Ce sont des Twi'leks. Un
peuple uniquement composé de danseuses sexy
naturellement disposées à l'esclavage. Elles se
sont d'ailleurs proposées d'elles-mêmes, sans
qu'aucun combat n'ait eu lieu. C'était même un
peu frustrant pour nous, précisa-t-il avant de
changer de discussion. Bien, et si nous
parlions affaires ?
— Bien entendu !
L'alien tendit une puce électronique au roi
Vegeta que ce dernier inséra dans un port de
son scaouter prévu à cet effet. Pendant que les
deux interlocuteurs se serraient la main,
l'écran situé devant l’œil du Saiyan se mit à
clignoter et une série de chiffre s'y afficha. Le
visage du souverain saiyan se fit subitement
sombre.
— Il y a un problème ? demanda l'alien qui
avait, entre temps, reporté son attention sur
les danseuses twi'leks.
— Je le crains, répondit le roi Vegeta en
contenant sa colère.
Sa main, serrant toujours celle de l'alien, se
crispa sensiblement.
— Car, voyez-vous, poursuivit le Saiyan, depuis
quelques années je me suis familiarisé avec les
chiffres. Alors, lorsqu'il en manque, je le
remarque tout de suite.
Un léger bruit de craquement s'échappa de la
main de l'alien.
— Lâchez-moi maintenant, vous me faites mal !
pesta l'alien exaspéré sans être libéré pour
autant. A quoi vous vous attendiez ? Si nous
avions voulu nous ruiner, nous nous serions
directement adressé à Freezer ! Et je vous
rappelle que si mon roi vous a demandé de lui
obtenir cette planète pour laquelle il vous paie
aujourd'hui, c'était dans le but de l'offrir à sa
petite fille pour son anniversaire. Sa faune et
sa flore y étaient remarquables et vous deviez
simplement la vider de l'espèce intelligente qui
l'habitait.
— C'est ce que nous avons fait, siffla le Saiyan
entre ses dents serrées.
— Sauf que vous et vos macaques avez
tellement fait le boulot salement que vous avez
fait de cette pépite un véritable tas de boue !
Sachez que mon roi...
Le Saiyan ne laissa pas à l'alien le temps de
finir sa phrase et transforma la main qu'il
tenait dans la sienne en bouillie, d'une simple
pression. L'ambassadeur hurla de douleur puis
disparut, désintégré. Le roi Vegeta referma son
poing puis prit un temps pour se calmer tandis
que Biths et Twi'leks courraient se cacher dans
les couloirs du palais.
— Tu avais quelque chose à me dire, Minus ?
lança finalement le roi.
— Euh... oui, répondit le petit Saiyan peu
rassuré.
— Alors, je t'écoute.
— Nous ne sommes plus assez, Majesté.
— Qu'est ce que tu racontes ?
— Vous savez, cette idée d'envoyer nos
nourrissons conquérir d'autres planètes... et
bien nos dernières études sont formelles, il
semblerait que c'était une erreur. Sur les
milliers d'enfants que nous avons envoyés à
travers la galaxie, savez-vous combien en sont
revenus vivants ?
— Deux. Oui, je sais.
— C'est exact, Majesté. Raditz et votre propre
fils, le Prince Vegeta. Quelle chance inouïe
ont-ils eu de tomber, l'un sur une secte
d'aliens cannibales suffisamment patients pour
le nourrir pendant des années pensant qu'il
deviendrait un jour suffisamment dodu pour
s'en payer une bonne tranche, et l'autre sur
une maman larve géante pleine de lait qui a
pris votre fils en affection !
— Les autres reviendront ! gronda le roi. Ils
reviendront par milliers, fiers et puissants,
pour honorer le peuple saiyan !
— Un peuple qu'ils n'ont jamais connu... Non,
Majesté, nos experts sont catégoriques. Tous
les autres enfants sont morts... depuis
longtemps. Certains de faim, d'autres de
déshydratation, d'autres encore dévorés par
des bêtes, gelés ou brûlés par des climats
hostiles... Tous trop jeunes, incapables de
survenir aux besoins les plus vitaux !
Devant une immense baie vitrée, Freezer
observait la planète des Saiyans. Son vaisseau
stationné à bonne distance, le tyran galactique
pouvait voir l'astre dans son entier. Assis dans
un fauteuil en lévitation, il sirotait un verre de
vin alors que Zarbon, son fidèle général, se
tenait debout à ses côtés.
— Pas terrible, fit le tyran.
— Elle est hideuse, plaça Zarbon en pensant
que son maître parlait de la planète qui leur
faisait face.
Freezer ne releva pas. Les meilleurs crus de la
galaxie étaient conservés dans les caves de son
père, le terrible Cold, et Freezer était bien
gardé de s'en approcher. Ce vin là était un peu
jeune. Pas comme ce peuple vieillissant qu'il
s’apprêtait à exterminer dans quelques
minutes. Ah, ces Saiyans l'avaient pourtant
bien amusé ! Il se souvenait parfaitement de sa
première rencontre avec eux, lorsque son
vaisseau s'était posé sur leur planète... par
hasard. Du moins, c'est ce qu'il avait fait
croire à son père. Cold l'avait défendu de se
rendre dans ce coin de la galaxie, prétextant
une vieille légende qui faisait soi-disant peur à
leur famille. Mais le jeune et fougueux Freezer
avait eu envie de s'offrir une frayeur. Dans un
sens, c'était réussi. Jamais il n'avait rencontré
de peuple aussi sale et à ce point analphabète.
Même les plus rustres de ses esclaves étaient
bien moins répugnants. Et puis, par
amusement autant que par affront envers son
père, il décida de leur offrir une place de choix
au sein de son empire. Sous ses ordres, ses
ingénieurs réussirent à convaincre Cold du
potentiel de ces bouseux, notamment en
mettant en avant l'ingéniosité de leurs pods
spatiaux, bientôt adoptés par l'empire.
— Ils appelaient ça des « bouboules », se
remémora Freezer amusé.
Mais la légende du Super Saiyan - ou du Super
Saiyan God... Freezer ne savait plus très bien -
avait fini par revenir sur le tapis. Cold avait
été clair : les Saiyans devaient disparaître et
c'était à son fils de s'en charger. Dans
quelques instants, la planète des Saiyans sera
réduite en poussière. On avertit Freezer que le
vaisseau d'un ambassadeur navel a été repéré
à sa surface. Tant mieux ! Le tyran avait de
toutes façons prévu de mettre prochainement
fin au pacte de non-agression passé jadis avec
les Navels devenus trop gourmands pour
l'empire, et il sentait là que s'offrait à lui le
genre de petits incidents diplomatiques qui
suffisent à déclarer une guerre.
— Zarbon... fit simplement le tyran à
l'intention de son général.
Zarbon s'éclipsa sans un mot et c'est une
délicieuse musique symphonique qui vint,
l'instant suivant, tenir compagnie à Freezer en
résonnant dans l'immense hall de son vaisseau.
Le tyran murmura un dernier commentaire
avant de se laisser bercer par la musique.
— J'aime ces petits moments de calme avant la
tempête...
A u palais du roi Vegeta, l'heure était au
règlement de compte fraternel.
— Mais regardez autour de vous ! s'emporta
Minus. Nous ne sommes plus que quelques
centaines !
Le souverain saiyan balayait alors les alentours
de son regard. Et en effet, ce n'était pas
folichon. Les villages, autrefois si vivants,
étaient aujourd'hui déserts.
— Vous souvenez vous de l'époque où votre
peuple était heureux, où nos villages
débordaient de vie ? demanda Minus.
— Ah, ne fais pas le sentimental ou je
t'explose ! prévint le roi Vegeta.
— Mais regardez-les, ces villages ! Ils sont tous
déserts !
— Non, j'en vois un là-bas. Il semble animé.
— C'est le dernier ! Vous vous êtes tellement
enfermé dans votre ego, obnubilé par l'avancée
des travaux de votre palais, par la qualité de
vos réceptions auxquelles votre propre peuple
n'a jamais été convié, que vous n'avez rien vu
de notre descente aux enfers ! Depuis votre
rencontre avec Freezer, vous n'êtes plus le
même ! Vous avez cherché à l'imiter ! Vous
êtes même allé jusqu'à donner votre nom à
notre planète ! Comme lui le fait avec les
siennes ! Ce village, je suis sûr que vous ne
pouvez même pas me citer le nom d'un seul de
ses habitants !
— Si... souffla le souverain un peu penaud.
C'est le village où habite Gine. Je le sais parce
que je la hais.
— Vous la haïssez ?! Mais pourquoi ?
— Parce que... parce qu'elle aime.
— …
— Elle aime Baddack, poursuivit le roi en
regardant au sol. Et il l'aime en retour. Je les ai
vus à la naissance de leurs enfants. Ils étaient
heureux. Cette vision m'a mis très mal à l'aise.
J'ai d'abord cru que c'était du pur dégoût que
je ressentais, que ces deux-là étaient des
dégénérés. J'ai même pensé à les faire
exécuter ! Mais j'ai feint de ne pas
comprendre. En vérité, je les enviais. Jamais je
n'ai pu ressentir cette chose... ce sentiment...
l'amour... Pas même pour mon propre fils.
— Majesté... Est-ce que l'on a pas été un peu
con ? Nous avons négligé l'éducation de nos
jeunes, pensant que ça les éloignerait des
combats. Nous ne leur avons pas donné
d'amour, persuadés que ça les rendrait faibles.
Et surtout, je pense que... un peuple ne devrait
jamais sacrifier ses enfants. Ils sont sa force,
son avenir !
Le roi ne disait rien et continuait de fixer le
sol. Comprenant que son souverain était
accablé, Minus s'en voulut.
— Majesté... cela fait tellement longtemps
qu'on ne vous a plus vu au tournoi de blagues
du mardi. Et... et ça me manque... follement...
éperdument... douloureusement.
Le roi releva les yeux en direction de Minus et
les deux êtres échangèrent un long regard,
sans se parler. Gêné, Minus finit par briser le
silence.
— Majesté... qu'est-ce qu'il nous arrive ?
Le roi ne lui répondit pas tout de suite. Il
continua à le fixer du regard tout en affichant
désormais un sourire paisible et serein.
— Minus... tu sais ce qui me ferait plaisir ?
On raconte que sur la planète Vegeta, quelques
instants avant que celle-ci ne soit pulvérisée,
un jeune Saiyan, désireux d'entrevoir les
danseuses twi'leks dont on lui avait tant parlé,
quitta son village pour se rendre discrètement
aux abords du palais de son souverain. Alors
que, sous le ciel devenu rouge, la terre
tremblait, les dômes de verre éclataient et que
l'atmosphère embrasée évaporait l'eau des
fontaines, il y vit une scène des plus
singulières : Un roi et son ami, heureux, se
tenaient par la barbichette.

FIN

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